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Guru, le moment de vérité

Nobody’s invicible no plan is foolproof/We all must meet our moment of truth (Personne n’est invincible aucun plan n’est à toute épreuve, nous avons tous rendez-vous avec notre moment de vérité). Issues du morceau « Moment of truth », certainement le plus mythique du duo new-yorkais Gangstarr formé par Guru et DJ Premier, ces paroles nous ramènent au 19 avril dernier, date à laquelle le rappeur est décédé à l’âge de 43 ans d’un cancer.

Un pionnier du hip-hop East Coast (Côte est américaine)

La route qui mène à la postérité dans le monde du rap américain est jonchée d’obstacles plus meurtriers les uns que les autres. Des rappeurs tels que Snoop Dogg, Jay-z, Dr. Dre ou encore B. Real ne font pas figure de vétérans, mais plutôt de survivants. Les uzis et autres Glock 17 font généralement règner le chaos dans cette industrie souvent perfide, d’autres fois il s’agit simplement de la nature qui reprend ses droits, comme ce fut le cas pour Guru. C’est à la fin des années 80 que Keith Elam alias Guru, natif de Boston, monte le groupe de hip-hop le plus influent du monde avec son comparse, le new-yorkais Chris Martin (à ne pas confondre avec le leader du groupe Coldplay) alias DJ Premier. Gangstarr a donc contribué à élever les débats dans le milieu du rap américain avec d’autres groupes tels que NWA, Run DMC, ou encore Public Enemy. Animé par un verve militante, politique et artistique, le travail de ce duo hors du commun tranche encore radicalement avec le bling-bling et le matérialisme de l’esthétique rap/r’n’b que l’on connaît aujourd’hui. Ils ont sorti six albums entre 1989 et 2003 ainsi que deux best-of qui fourmillent de remixes et de morceaux inédits. Après la parution de leur dernier disque, The Ownerz, Guru décide de prendre ses distances par rapport à DJ Premier et de se consacrer, à travers une carrière en solo, à remettre à flot le hip-hop jazz.

L’épopée Jazzmatazz

Le projet Jazzmatazz initié très tôt par Guru – dès le début des années 90 avec le volume 1 de la série – avait pour but de reconnecter entre eux deux styles musicaux centraux de la culture afro-américaine : le jazz et le hip-hop. Ce retour aux sources rappelle que ces deux courants de la musique populaire sont intimement liés, notamment à travers l’aspect improvisé du free jazz des années 50, porté à bout de bras par des monstres sacrés comme Charly Mingus et John Coltrane. Les battles (joutes verbales entre rappers) viennent directement de ce courant. L’esthétique Jazzmatazz, aussi bien du point de vue musical que graphique, nous ramène sans cesse aux années 50. Les pochettes de disques notamment sont identiques aux pochettes des grands albums de jazz de l’époque : on y distingue souvent Guru dans la pénombre d’une pièce enfumée. Dans une lettre aux allures de requiem postée sur le net au lendemain de sa mort, Guru se montre fier du travail qu’il a accompli et fustige son ancien partenaire, DJ Premier, avec qui les relations étaient au point mort, depuis quelques années déjà.    
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