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Richard Maxfield : Le pionnier oublié

Compositeur éclair mais enseignant influent, Richard Maxfield, trop tôt disparu, inscrit son nom dans l’histoire de la musique électronique.   On pourrait surnommer Richard Maxfield le « musicien universitaire ». Sa formation et sa carrière sont ponctuées d’ancrages forts dans l’enseignement, démontrant ainsi que la création peut surgir des voies les plus académiques.   Né en 1927 à Seattle, Richard Maxfield s’initie très jeune aux instruments, piano et clarinette, et compose dès l’adolescence. Aussi précoce que brillant, il obtient à l’université de Berkeley le prix Hertz. Cette distinction lui permet d’étudier avec Krenek à Los Angeles, Milton Babbit à Princeton et d’approcher les Européens Pierre Boulez, Luigi Nono et Bruno Maderna.   En 1958, il suit à New York le séminaire de John Cage à la New School for Social Research et lui succède un an plus tard à la place d’enseignant. Il compte parmi ses élèves La Monte Young, devenu une figure contemporaine de la musique expérimentale, qui fut son assistant et interpréta les œuvres de Maxfield au cours de nombreux concerts.   La période 1959-1964 correspond à celle de ses compositions majeures, une vingtaine au total. Ses musiques sont composées d’assemblages de sons découpés et déformés sur bandes magnétiques et d’éléments électroniques, obtenus par des filtres ou des amplificateurs. L’improvisation occupe toujours une large place dans les compositions de Richard Maxfield et, pour mieux dérouter l’auditeur, des espaces de silence soulignent l’étrangeté, suscitant une certaine angoisse à l’écoute des sonorités créées. Illustration de tentative expérimentale s’il en est : sa « Cough music», élaborée à partir de toux et d’effets sonores des bronches.   Ses œuvres principales, comme « Night music », « Toy symphony », « Piano Concert for David Tudor », font encore aujourd’hui l’objet de compilations qui rendent hommage aux innovations acoustiques de cet enseignant compositeur. Ses derniers cours, il les donnera au State College de San Francisco, en 1967, avant de partir pour Los Angeles. C’est là que, à l’âge de 42 ans, le torturé Maxfield sous l’emprise du démon de la drogue, se suicide en se défenestrant.   Richard Maxfield est un précurseur mais aussi une étoile fulgurante, dont la majorité des œuvres a été composée en seulement 5 ans. S’il ne figure pas au palmarès des compositeurs les plus connus, il reste néanmoins, pour les amoureux de la musique électronique, un des phénomènes de cet art.
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