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La culture au secours des anciennes villes industrielles

Difficile de vivre dans une ancienne ville industrielle, le chômage frappe durement et les perspectives de reconversion sont réduites… mais pas nulles. Il y a quelques années déjà, le film The Full Monty mettait en scène une poignée d’Anglais de la banlieue. de Sheffield, tenant un embryon de piste : le strip-tease. La province de Biscaye au Pays Basque espagnol en avait une encore meilleure : un musée.    

L’effet Guggenheim

  Le Casco Viejo, aussi pittoresque et joli soit-il, ne suffisait pas, il y a 15 ans de ça, à faire de Bilbao une destination touristique de premier choix. Un beau matin de 1997, l’ancienne ville spécialisée dans la sidérurgie, a vu débarqué un énorme objet métallique ressemblant à un vaisseau spatial de Star Trek. Sa mission ? Faire de la ville basque la destination numéro un de tous les amateurs d’art contemporain du monde. Le musée Guggenheim venait d’ouvrir ses portes et promettait à la capitale de Biscaye une résurrection. La ville est devenue très vite l’une des plus attractives de la péninsule ibérique. Les hôtels de luxe se sont développés, les équipements de la ville ont été considérablement améliorés et en l’espace de 13 ans, le musée s’est imposé comme étant le nouveau symbole de Bilbao. L’exposition permanente de Richard Serra – la matière du temps – dans la salle ArcelorMittal rappelle le passé industriel de la ville et le Puppy de Jeff Koons monte la garde, depuis des années déjà, à l’entrée de l’édifice de Franck Gehry. L’effet Guggenheim obsède tous les ministres de la culture des pays développés, faisant face au grave problème du chômage et de l’enclavement des anciens bassins miniers ou industriels. On dirait bien qu’en France le miracle basque ait donné des idées à certains.  

Décentraliser l’art

  La tradition jacobine française qui implique une centralisation poussée, ne se traduit pas seulement par une concentration des institutions politiques à Paris sa capitale, mais également à une centralisation dans tous les autres domaines, y compris l’art. Ca a tendance à produire un grand pôle culturel, ce qui est plutôt bien d’un point de vue prestige, mais ça a aussi un effet pervers qui implique un appauvrissement des autres régions françaises. Le Centre Pompidou et bientôt le musée du Louvre essayent d’inverser la tendance et de s’inspirer du modèle de Bilbao. Le 11 mai 2010, le Centre Pompidou de Metz a été inauguré à grand renfort de prêts de la part des plus grands musées parisiens. On y trouve donc une collection inaugurale exceptionnelle qui place directement le Beaubourg messin sur la carte des musées d’art contemporain qu’il faut aller visiter. Le Nord est l’image même de ces anciennes villes industrielles qui ont connu un processus d’enclavement important depuis la fin des années 70. L’arrivée du musée apporte une vague d’espoir très importante dans la région. Alors, Lens et Metz prochaines destinations privilégiées des californiens en vacances en Europe ?  
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