Molière et le rire comme médecine : et si le docteur était un dramaturge ?

Et si votre prochain thérapeute s’appelait Molière ?
Non, il ne vous fera pas asseoir sur un divan. Il vous installera confortablement dans un fauteuil rouge, face à une scène, et vous prescrira… une bonne dose de rire. Parce que depuis quatre siècles, ce magicien des mots et des situations soigne les âmes par la comédie. Mais comment un auteur du XVIIe siècle peut-il encore nous guérir en 2025 ? Spoiler : l’humour, quand il est bien fait, traverse le temps et les maux.
Molière, un homme, un masque, un miroir
D’abord, posons les bases. Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, naît en 1622 à Paris. Fils de tapissier du roi, il tourne le dos à une vie toute tracée pour embrasser celle, plus tumultueuse, de comédien. Il crée L’Illustre Théâtre, affronte les faillites, les huées, les maladies… mais persiste. Car pour lui, le théâtre est vital. Ce n’est pas un simple divertissement, c’est un scalpel. Il opère l’hypocrisie, dissèque les travers humains, et surtout : il soulage les tensions par le rire.
Molière : rire pour mieux penser
Ensuite, prenons un cas concret : Le Malade Imaginaire. Une satire hilarante de la médecine de son temps, mais aussi une métaphore de nos peurs irrationnelles. Argan, hypocondriaque notoire, devient le reflet comique de nos angoisses sanitaires modernes (tiens tiens… post-Covid, ça vous parle ?).
Molière ne fait jamais rire gratuitement. Il rit pour faire réfléchir. Ses personnages grotesques nous montrent nos propres défauts, amplifiés, déformés, caricaturés… et donc plus faciles à avaler. Comme un sirop sucré sur une cuillère d’amertume. Et ça, même les neurosciences l’admettent : le rire désamorce le stress, favorise la mémoire, et crée un espace émotionnel pour l’apprentissage. Oui, Molière faisait du développement personnel avant l’heure.
Médecin malgré lui ?
Parlons en effet de sa vision… médicale. Dans plusieurs pièces, Molière épingle les charlatans, les faux savants, les dogmes figés. Le Médecin malgré lui, Monsieur de Pourceaugnac, L’Amour Médecin… autant de remèdes contre la crédulité. Il y dénonce l’absurdité de traitements déconnectés du bon sens. Et au passage, il ouvre la voie à une médecine plus humaine.
Dans Le Malade Imaginaire, il meurt littéralement sur scène en jouant un médecin. Ironique ? Pas vraiment. Il meurt en soignant par le rire. Une vocation jusqu’au dernier souffle.
Molière : une thérapie collective à bas coût
Aujourd’hui, on redécouvre l’efficacité des « clowns en hôpital », de la « rigologie » et des groupes de rire pour améliorer la santé mentale. Rien de nouveau sous le soleil : Molière l’avait compris dès le XVIIe siècle. À sa manière, il a inventé le stand-up thérapeutique : des situations absurdes, des personnages types, et un public qui repart… allégé.
Vous doutez ? Faites l’expérience. Relisez une scène de Tartuffe, revisionnez Les Fourberies de Scapin. Vous y verrez des chefs d’entreprise manipulateurs, des familles dysfonctionnelles, des illusions collectives… mais tout cela sous le masque du comique. Et là, l’esprit se détend, le cœur se décrispe. Et parfois, on se met à rire de soi. Le plus grand remède de tous.
L’intemporel qui nous guérit encore
Alors pourquoi Molière est-il toujours joué aujourd’hui ? Pourquoi ses pièces remplissent les théâtres, les salles de classe, les festivals de rue ? Parce qu’il ne fait pas que divertir. Il nous connecte. À nos contradictions, à notre besoin d’amour, de reconnaissance, de justice. Et il nous le livre non pas avec des leçons, mais avec des éclats de rire. L’art de faire passer la pilule, encore une fois.
Et dans une époque où l’anxiété explose, où les écrans saturent notre attention, relire Molière, c’est faire une pause… pour mieux respirer. Une respiration avec le diaphragme, comme on dit en yoga… ou au théâtre.
Et vous, quelle est votre ordonnance moliéresque ?
Alors, avez-vous déjà ri aux larmes devant Molière ? Vous souvenez-vous d’une scène, d’une réplique, d’un fou rire qui vous a fait du bien à l’âme ? Partagez vos souvenirs, vos anecdotes ou vos conseils de lecture en commentaire.
Et surtout, si cet article vous a fait sourire, pensez à le partager avec vos amis : c’est prouvé, le rire est contagieux… et il ne nécessite ni vaccin ni ordonnance !